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Drame au bloc opératoire au CHUD de l’Ouémé

Décès d’une parturiente : trois agents de santé condamnés à 12 mois de prison ferme

Décès d’une parturiente : trois agents de santé condamnés à 12 mois de prison ferme

(Un jugement qui relance le débat sur la responsabilité médicale dans les hôpitaux publics)

Le Tribunal de première instance de première classe de Porto-Novo a rendu, mercredi 11 mars 2026, sa décision dans l’affaire liée au décès de dame Rebecca Dossou, survenu à la suite d’une intervention chirurgicale au Centre hospitalier universitaire départemental de l’Ouémé (CHUD/Ouémé). À l’issue des audiences, trois agents de santé poursuivis dans ce dossier ont été reconnus coupables d’homicide involontaire et condamnés à une peine de vingt-quatre mois d’emprisonnement dont douze mois fermes.

Une intervention qui vire au drame

Âgée de 33 ans, Rebecca Dossou suivait régulièrement sa grossesse au CHUD/Ouémé. L’équipe médicale avait opté pour une césarienne programmée afin d’assurer un accouchement sécurisé. Mais selon les éléments évoqués lors de l’audience, l’opération aurait été suivie de graves complications.

D’après les déclarations de son époux, rendues publiques peu après le drame, la patiente aurait été victime d’une hémorragie post-partum qui n’aurait pas été maîtrisée à temps. Il a également déploré un manque d’informations et d’implication de la famille dans les décisions médicales prises durant la prise en charge de son épouse.

Des zones d’ombre révélées au procès

Les débats devant le tribunal ont mis en lumière plusieurs irrégularités jugées préoccupantes. Il est notamment ressorti que certaines personnes non habilitées auraient participé à l’intervention chirurgicale, une situation contraire aux règles et protocoles médicaux en vigueur.

Par ailleurs, les déclarations des prévenus se sont révélées divergentes sur le déroulement exact de l’opération et sur les circonstances ayant précédé le décès de la patiente, alimentant ainsi les doutes quant au respect des procédures médicales.

Un signal fort pour le système hospitalier

Au-delà de la sanction infligée aux agents de santé impliqués, ce verdict est perçu par plusieurs observateurs comme un message clair adressé au système sanitaire. Il rappelle l’exigence de rigueur, de professionnalisme et de responsabilité dans la prise en charge des patients dans les établissements publics.

Pour beaucoup, cette décision judiciaire traduit également une volonté de lutter contre l’impunité souvent dénoncée dans les affaires de fautes médicales.

Un début d’apaisement pour la famille

Si la décision de justice ne saurait combler la perte d’un être cher, elle représente néanmoins un premier soulagement pour les proches de la défunte. L’époux de Rebecca Dossou, qui avait largement relayé l’affaire sur les réseaux sociaux, a contribué à attirer l’attention de l’opinion publique et à accélérer l’ouverture d’enquêtes.

Un principe réaffirmé

Ce procès marque ainsi une étape importante dans la responsabilisation des acteurs du système de santé au Bénin. Il rappelle que les professionnels, quelle que soit leur fonction, demeurent justiciables de leurs actes lorsque des fautes ou négligences sont établies.

Dans le Bénin d’aujourd’hui, sous la gouvernance du président Patrice Talon, le principe de l’égalité de tous devant la loi continue de s’affirmer : nul n’est au-dessus de la justice lorsque des actes répréhensibles sont constatés.

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